Reproduction du cheval islandais

DES DE CRAS allaite
DES DE CRAS allaite

Comment se déroule la reproduction chez le cheval islandais ?

On peut distinguer 4 phases dans la reproduction du cheval islandais : la saillie, la gestation, la mise bas, l’élevage du poulain et son sevrage.

LA SAILLIE

La meilleure façon de procéder, c’est au pré, avec un étalon, la jument étant en compagnie de ses copines. Dans ce cas tout se passe en douceur : l’étalon et la jument se connaissent déjà.

Hélas, cette méthode n’est possible que pour les éleveurs qui possèdent un étalon et des poulinières. Si vous n’avez qu’une jument, vous avez le choix entre deux possibilités :

• La première consiste à mettre sa jument dans un troupeau comprenant des poulinières et un étalon ; on les laissera ensemble pendant au moins 45 jours. Il faut prévoir un grand pré pour qu’en cas de bagarre, la jument étrangère puisse s’éloigner.

• La deuxième méthode appelée « monte en main » consiste à mettre en présence uniquement l’étalon et la jument. Pour éviter toutes blessures, on placera entre l’étalon et la jument une sorte de barrière appelée « montoir » ; s’il n’y a pas de réaction de défense de la part de la jument, on pourra mettre les animaux ensemble. Cette deuxième solution nécessite de bien présenter la jument au jour « J » ce qui n’est pas évident chez le cheval.

En conclusion, la monte au pré est de loin la plus préférable. Elle conduit a des résultats dépassant les 90%. Si le propriétaire de l’étalon est sérieux, il vous demandera un certificat gynécologique prouvant que votre jument est exempte de maladie vénérienne. Si votre jument est « suitée » (suivi d’un poulain) le certificat précédent n’est pas nécessaire, la présence du poulain attestant du bon état de la jument.

Le coût d’une saillie varie entre 300 et 1500€ suivant les étalonniers et la pension au pré ou en box entre 150 et 500€ ; compte tenu du coût d’une saillie, l’acquisition d’un étalon devient rentable à partir de deux juments. Dans ce cas on économise deux transports en van (aller et retour de la jument), de plus on ne prend aucun risque pour le poulain soit durant le transport, soit lors de l’introduction avec sa mère dans le troupeau.

LA GESTATION

Aucune précaution n’est à prendre, à par bien sûr nourrir la mère correctement avec de l’herbe, de l’eau et du sel en bloc.Elle pourra même partir en promenade jusqu’au 9ème mois de grossesse : les juments islandaises sont robustes. J’en ai vu à 48 heures de la mise bas, descendre au grand galop des pentes impressionnantes où moi-même j’aurais été incapable de courir.

LA MISE BAS

Onze mois après la saillie ( avec une variation de plus ou moins 15 jours), le poulain vient au monde. Certains assurent qu’une jument islandaise peut plus ou moins décaler sa date de mise bas en fonction du temps qu’il fait ; quoi qu’il en soit, il est préférable que le poulain naisse par temps sec sinon ce sera difficile qu’il sèche sous la pluie ! Une fois que la toison du poulain est sèche, il peut pleuvoir ou neiger : l’eau ne la traversera plus, lui évitant ainsi tout risque d’hypothermie.

À mon avis, le meilleur lieu pour mettre bas, c’est encore au pré, au milieu du troupeau, en présence de l’étalon qui monte la garde à une dizaine de mètres de la jument. Les trois étalons successifs que j’ai eu durant ma quarantaine d’années d’élevage ont toujours agi de la sorte. Aujourd’hui, notre élevage est en zone « loup » et ce comportement s’avère bien utile !

Pour ceux qui n’ont qu’une jument, nous leur conseillons de la mettre au pré et de laisser la porte de leur abri de pâture ouverte : la parturiente choisira ce qui lui plait.

La mise bas ce fait en général très tôt le matin avant le lever du jour. Si vous attendez un heureux événement et s’il pleut faites le tour de votre pâture pour vous assurer que le poulain n’est pas né : cela serait stupide de perdre un poulain par hypothermie ! Si le poulain est né, mettez le au sec et frictionnez le avec du papier essuie tout pour le sécher et essayer si ce n’est pas déjà fait de le faire téter : UN POULAIN QUI TÊTE ET QUI MARCHE EST SAUVÉ.

Rassurez-vous, notre élevage qui a vu naître une centaine de poulains en 40 ans n’a eu que très peu de pertes à la naissance – seulement deux animaux. Ce taux de 20 pour mille est comparable  à celui de l’espèce humaine en France.

Il faut mentionner également que durant la gestation, on a eu 3 ou 4 fausses couches correspondant à des avortons de 3 à 6 mois ; il est a noter que ces fausses couches sont difficilement repérables car les renards ou les sangliers font rapidement disparaître l’avorton. Ce taux semble plus faible que le genre humain !

L’ÉLEVAGE DU POULAIN

Il n’y a pas grand chose à faire si ce n’est nourrir correctement la mère qui allaite son petit. Il faudra cependant vermifuger  ce poulain vers 3 puis 6 mois. Le poulain se mettra progressivement à manger de l’herbe et quand sa mère en aura assez, elle le sevrera et il prendra son indépendance !